Cadaujac et Isle-Saint-Georges : histoire des Ricaud, décorateurs

Les Ricaud à Cadaujac et Isle-Saint-Georges

par Frédéric Durand, archiviste

extrait du Journal de la 12° Promenade cantonale du 10 avril 2011 ( ISSN 1959-4259) vers Isle-Saint-Georges.

Les Ricaud père et fils ont été deux grands spécialistes bordelais de l’artisanat religieux dit sulpicien. Le second a également été un éminent historien local qui a même laissé son nom à l’un des fonds des Archives municipales de Bordeaux.
Lorsqu’en août 1901, Ernest Paul Ricaud acquiert le domaine de Rivière à Cadaujac, il habite Bordeaux, au 65, cours d’Alsace et Lorraine, au-dessus de la « maison de confiance » Au chapelet d’or. Fervent catholique, il avait ouvert sous cette enseigne, en 1865, un magasin général d’articles religieux, imagerie, librairie, chapelets et médailles. La même année, il avait aussi monté un atelier de peinture murale décorative, artistique et archéologique pour églises, chapelles et appartements au 306, rue d’Ornano. Il fabriquait également des statues en fonte, terre cuite, staff, carton-pierre, stuc, etc...
Jouissant rapidement d’une grande réputation, il mit ses talents au service de la chapelle des sourdes-muettes de Bordeaux dès 1865, de l’église de Floirac en 1867, de la chapelle Margaux en 1869, des églises de Portets en 1872, de Branne en 1873, de Hure en 1875, de Saint-André à Angoulême en 1878, de Civrac dans le Médoc en 1879, etc... Il fut également le fabriquant des statues de l’église Saint-Laurent d’Illats, avec son fils.
Sur le canton de La Brède, on lui doit la décoration intérieure de l’église d’Isle-Saint-Georges en 1868. On y retrouve son style caractéristique qui se distingue par l’abondance de fausses pierres, frises à motifs répétitifs, liserés, etc. ; l’ensemble étant réalisé le plus souvent au pochoir et toujours à la peinture à l’huile. L’abbé Barreau, curé de Cadaujac, fit également appel à lui pour les peintures murales du sanctuaire de la Sainte Vierge et la dorure du chemin de croix. Dans la nef centrale de l’église Saint-Pierre, le peintre décorateur réalisa une « fleurette » rouge au centre de chacune des fausses pierres, ainsi qu’une décoration stylisée représentant des objets et des scènes de la vie courante, ou des symboles, au-dessus des arcades. « Je n’ai pas hésité à choisir Monsieur Ricaud dont nous admirons le talent dans la chapelle Margaux de Bordeaux, et, qui dans les églises de l’Isle Saint Georges, Branne et Portets montre à l’œil de l’artiste, toute la richesse de son art, se justifie l’abbé Barreau dans son journal. La scène du Sauveur des hommes promettant à Saint Pierre notre Patron paroissial, les clefs du Royaume des Cieux, tel est le sujet que Mr. Ricaud a eu à traiter ; malgré notre peu de connaissances, en peinture, nous croyons le tableau parfaitement réussi. L’ornementation qui reluit, dans tout le sanctuaire, est le plus bel encadrement qu’on puisse désirer ». L’inauguration officielle de la restauration générale de l’église eut lieu le 8 juillet 1877, en présence de l’archevêque de Bordeaux, le Cardinal Donnet. Par la suite, Ricaud eut la commande de la peinture du catafalque en 1880, ainsi que les peintures murales du reliquaire en 1886.
Son vignoble du Domaine du Comte de Rivière obtint une médaille de vermeil à Nantes en 1904 et une médaille d’argent à Liège en 1905. En 1912, il reçut encore un diplôme d’honneur en collectivité. Depuis 1902, il était aussi propriétaire d’un autre domaine viticole, dit alors de « premières graves », celui de la Cave à Couhins, sur Villenave-d’Ornon. Il restera dans la famille jusqu’au début des années 1950.
Vers 1923, son fils Jean Théodore Ricaud, né à Bordeaux le 17 juin 1873, hérita du domaine de Cadaujac en même temps que de la direction de la maison de commerce paternelle. Il poursuivit ainsi l’activité de son père en fournissant notamment le mobilier de l’église Notre-Dame d’Ambès ou les statues de l’église Saint-Pierre de Saint-Loubès. En outre féru d’histoire, il fut également membre de la Société archéologique de Bordeaux dès le 4 mars 1910 et en devint même le président de 1931 à 1934, puis de 1942 à 1945. Il y côtoyait de grands historiens tels qu’Alexandre Nicolaï et Jean-Auguste Brutails. Il était aussi membre de la Société d’histoire de Bordeaux, de la Société des bibliophiles de Guyenne et membre correspondant de la Société française d’archéologie. Secrétaire général de la Société des archives historiques de la Gironde de 1914 à 1920, il occupa enfin le poste de trésorier de la Revue historique de Bordeaux de 1921 jusqu’à sa mort, le 21 décembre 1948 à Bordeaux. Il laissa de nombreux articles, ainsi que des publications, comme par exemple Souvenirs bordelais. L’ Ancienne paroisse Sainte-Colombe en 1911-1913.

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