Léognan : église romane Saint-Martin par Emilie Chenneveau

 

 

texte et photos par Emilie Chenneveau ( conseils de Michelle Gaborit à Julie Véchambre )

HISTORIQUE

Construite à la fin du XIème siècle, par l’ordre des hospitaliers de saint Jacques, sur le chemin de Belin, Saint-Martin fut certainement la chapelle d’un hôpital, étape sur la route de Compostelle non loin du pont de la Maye . Il reste peu de chose de cette chapelle devenue l'église de Léognan, hormis l'abside polygonale à neuf pans et l'absidiole nord.

L’église fut classée Monument Historique en 1862.

ANALYSE ARCHITECTURALE

v PREMIERE EGLISE

De l’église primitive, de style roman, ne subsistent que l’abside polygonale à neuf pans et l’absidiole nord reliée à celle-ci [Pl.224] . L’église se compose d’une nef flanquée de deux bas-côtés, un transept, une abside et deux absidioles. La grande abside est désaxée vers le sud

Elle est de fondation romane du XIIème siècle,

L’abside principale a subi quelques altérations, elle présente extérieurement une abside en hémicycle et une travée droite divisées en neuf sections verticales crées par des contreforts composés de pilastres recevant un demi-colonne engagée. Chaque section comporte trois niveaux. A la base du mur, l’appareil régulier est nu jusqu’au cordon qui court horizontalement à la bas des baies. Plus haut, le mur est renforcé par des arcs qui reposent soit sur les côtés des pilastres qui reçoivent qui reçoivent les demi-colonnes adossées, soit sur des corbeaux sculptés. Enfin le mur se termine par une corniche saillante, richement décorée, qui s’appuie sur des modillons sculptés ainsi que sur les chapiteaux des demi-colonnes.

 

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v MODIFICATIONS POSTERIEURES

L’église a été presque entièrement reconstruite en 1852 après avoir servi de temple à la déesse Raison pendant la Révolution, qui avait également transformé la sacristie en prison.

Restauration menée par l’architecte J.B Lafargue, reconstruction en particulier des trois chapelles sur les recommandations de Viollet-le-Duc qui cite l’église comme un exemple du principe de construction romane.

C’est aussi au XIXème siècle que le cimetière qui entourait alors l’église fut déplacé.

Le clocher a été refait en 1467 et remplacé par une flèche moderne dont la construction a fait disparaître la porte du XVème siècle et le porche. Placé sur la façade, le clocher est soutenu par quatre contreforts plats ne s’élevant qu’a mi-hauteur du mur et se terminant en biseau. L’appareil est composé de moellons, seuls les contreforts sont en pierre de taille. On y trouve deux fenêtres refaites.

La façade sud du transept divisée en deux portions par un contrefort plat et droit comporte une fenêtre et une porte moderne ainsi qu’une petite fenêtre en meurtrière. La façade nord est semblable.

L’absidiole sud a été détruite et remplacée par une sacristie carrée.

 

 

 

 

ANALYSE DU DECOR

v EXTERIEUR

Le premier chapiteau, situé dans la baie d’axe, au nord, offre des tiges entrelacées qui se terminent par des feuillages. Sur le second, qui prend place dans la baie de la troisième section au sud, un personnage nu est mordu par deux serpents à la hauteur de la poitrine tandis que deux autres reptiles s’attaquent à ses oreilles. Il s’agit probablement d’une représentation de la Luxure.

Les modillons qui soutiennent la corniche revêtue de pointes de diamant à huit branches reçoivent des motifs géométriques, des entrelacs, des fleurs et des oiseaux . On identifie également une jolie sirène à la queue relevée.

A l’extérieur, l’abside est partagée horizontalement en deux zones par un cordon orné de deux rangs de festons, sur ce cordon s’appuient des arcades aveugles ou percées d’une fenêtre. Toutes les arcades sont surmontées d’une archivolte sculptée.

Sur l’absidiole nord on trouve parmi les modillons sculptés de petites figures Egyptiennes entre deux torsades. Il existe des restes de l’absidiole primitive remplacée par la sacristie : une colonne avec des feuilles d’eau sur les chapiteaux.

Présence à l’extérieur de l’église de la croix maltée des Templiers et de la croix du temple sur un modillon.

 

v INTERIEUR

A l’intérieur, un des chapiteaux de l’arc triomphal présente un animal de la gueule duquel s’échappe des feuillages et l’autre un lion à la queue et langue en panache.

L’abside qui paraît avoir été remaniée au XIXème siècle possède des chapiteaux dont la plupart sont entièrement refaits. Quelques chapiteaux romans cependant sont conservés de part et d’autre des baies ou a la retombée de certains arcs. Ils ont reçu une sculpture assez méplate, avec des rinceaux, des feuillages ou des entrelacs.

 

L’absidiole nord renferme les fonds baptismaux, on y trouve des chapiteaux avec des lions dont les croupes se touchent, leurs queues terminées en panache, un homme, avec un pied sur chaque croupe, tient à la main ces panaches. Le chapiteau de droite présente de feuillages

 

 

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Plusieurs éléments décoratifs montrent l’importance du pèlerinage de Saint-Jacques de Compostelle. En effet on trouve un baptistère de forme ovoïde décoré de coquilles saint Jacques, thème que l’on retrouve sur l’un des chapiteaux au nord, près de l’autel, alors que le chapiteau du nord de l’abside sud représente saint Eutrope et la jeune sainte Eustelle.

 

 

L’autel de la Vierge comporte encore un décor peint, on y trouve deux médaillons comportant des portraits peints et datant de 1927. L’autel est en marbre blanc. Le chemin de croix est peint sur bois et date de 1883. L’église possède aussi un orgue mais qui ne joue plus depuis deux ou trois ans ayant besoin de grosses réparations. Il y a quelques décennies, il a fallu choisir entre réparer l’orgue ou installer le chauffage, c’est ce dernier qui a été choisi.

 

L'église est dédiée à saint Martin qui est représenté sur un vitrail éclairant le chœur. Les vitraux, estampillés de la Maison Feur, sont signés J. Villiet, ils datent de 1885. Le chœur est de style roman mais il a été restauré en 1972 par les Beaux-Arts. Sur la gauche une colonnette torsadée, un Christ en bois doré est au-dessus de l'ancien autel, la statue est très belle et semble ancienne. Il y a aussi des chapiteaux sculptés qui retiennent l'attention. Sur le sol devant l'autel on voit deux colombes entourant un calice. Sur la droite se trouve l'ancienne chapelle Saint Eutrope, on peut y admirer un tabernacle en cuivre rehaussé d'émaux. Il est exposé depuis 1960 et représente des scènes de la vie du Christ. Sur la gauche se trouve l'autel de la Vierge, c'est le seul côté de l'église qui est encore peint, deux médaillons attirent le regard par la finesse d'exécution des portraits qui y sont peints, une date est lisible : 1927. L'autel lui-même est en marbre blanc alors que les deux bénitiers près de l'entrée, sont en marbre rouge veiné de blanc. Le fond baptismal quant à lui est en pierre gravée ovale.

La chaire est couronnée par l'Archange Saint Michel, entourée des quatre évangélistes, qu'on retrouve aussi devant l'autel, encadrant le Christ. Le chemin de croix est peint sur bois, il est de 1883. L'église possède aussi un orgue.

 

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BIBLIOGRAPHIE

Bulletin Monumental, DROUYN Léo, « Notes descripitve des églises de Villenave, Léognan, Saint-Croix du Mont et Aubiac et sur une ancienne maison de la Réole »,1853, p.434.441

BAUREIN, Variété Bordeloise ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux, Bordeaux, Féret et fils,1876, T II p.398.

BIRON, Guide archéologique illustré du touriste en Gironde, Bordeaux, Féret et fils, 1928, p.98

BRUTAILS, Les Vieilles Eglise de la Gironde, Bordeaux,1912, p.138.143.191.277.278.

GABORIT M, BRUNET B & HARNBEY J.L, Léo Drouyn- Les albums de dessins : Léo Drouyn et le Cernès ( Graves, Sauternais et Petites Landes), Tome VIII, Editions de l’Entre –Deux-Mers, CLEM / AHB, Bordeaux, 2001. p.178.

REBSOMEN, La Garonne et ses affluents de la rive gauche, de la Réole à Bordeaux, Bordeaux, Féret et fils, 1913, p.274.275

LEO DROUYN BULLETIN MONUMENTAL L’église de Léognan, 1853 p;434.441

 

 

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