Textes et photos par Emilie Chenneveau en 2005 (conseils de Michelle Gaborit à Julie Vechambre)

voir aussi remarques bas de page de Jean Pol Puisné juin 2013

Télécharger avec DROPBOX les photos de l'église de Castres par Harvey MORGAN , président de AVEC 33 Allons voir l'église d'à côté

 

 HISTORIQUE

Au XIème siècle, le bourg se constitue autour de l’église romane, sur un point haut dont il reste quelques vestiges de remparts. La commune dépend à cette époque de la Seigneurie de Pommarède, dont le château, édifié au XIVème siècle, est remanié au XVIIème siècle.

L’église a subi de graves dégradations lors des guerres de Religion.

Au XIXème siècle, sous l’impulsion du cardinal Donnet, la plupart des communes de la région font détruire le clocher-mur de leur église, fragilisé par le temps pour les remplacer par une tour surmontée d’une flèche ajourée et décorative.

L’abside est classée le 10 septembre 1913.

La cloche en bronze du XVIIème siècle, est classée en 1942. (voir remarque bas de page sur le classement de cette cloche, et son existence ! )

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La toile de Lepicié La Sainte Famille 1771, est classée en 1908.

Le retable de la Vierge est également classé. (voir remarque bas de page , ce serait une erreur)

 

 

 

 

 

   ANALYSE ARCHITECTURALE

 LA PREMIERE EGLISE ROMANE

 

L’église construite au XIème siècle sur une motte qui domine le vieux quartier du port, est composée de trois nefs voûtées d’arêtes et terminée par une abside et deux absidioles en cul de four. A l’origine elle ne devait pas comporter les deux bas-côtés et elle formait un plan en croix latine.

De chaque coté du chœur se dressent deux colonnes romanes provenant de l’église primitive.

L’abside de la petite église, de pur style roman conservée jusqu’à nos jours, dévoile les trois phases de sa construction grâce aux types de matériaux utilisés successivement : petites pierres taillées, pierres de taille, moellons.

De l’époque romane, l’église conserve également de solides contreforts réutilisés aux XVIIIème et XIXème siècle lors de la reconstruction.

Dans l’ancienne église, il existait au dessus du porche, à l’intérieur, une sorte de balcon ou de tribune que l’on peut encore voir dans les églises des Landes. Balcon en bois soutenu par deux colonnes en pierre. On y accédait par le petit escalier qui menait au clocher. La voie d’accès au premier étage a été remplacée de nos jours par une fenêtre.

En sortant de l'édifice, sur la droite, un grand portail vert mène au presbytère et là, dans un grand jardin on peut admirer l'abside romane de l'église. Quant à la demeure elle-même, inhabitée bien sûr mais non délabrée, on remarque sur son fronton un triangle, les clefs de saint Pierre, les lettres A.D. Joseph. Aujourd'hui cette demeure sert de salle d'expositions.

L’abside romane est faite de trois assises différentes :

-la première en petit appareil jusqu’au fenêtres

-la deuxième en pierre de taille jusqu’à la corniche, percée de fenêtres

-la troisième surajoutée peut-être pour la défense, en moellons.

 

abside

 

 

 

 

  

 

 

La forme des petites fenêtres romanes a été conservée à l’extérieur mais elle n’apparaît pas à l’intérieur car selon la mode du XIXème siècle, on a placé des vitraux historiés dans la partie la plus large de l’embrasure des fenêtres au niveau du parement du mur intérieur.

 

 MODIFICATIONS POSTERIEURES

Au XIXème siècle, lorsqu’il fallut reconstruire l’église on ne conserva de l’ancienne construction que l’abside et l’absidiole nord et on transforma l’édifice en une église néo-Gothique dotée d’un clocher. Cette reconstruction date de 1867.( voir remarque plus bas)

Le nouveau clocher néo-gothique a été édifié au XIXème siècle.

 

 

ANALYSE DU DECOR

 EXTERIEUR

Sur l’abside, entre le cordon qui règne à la naissance des archivoltes des baies et la corniche sur corbeaux, le profil se compose d’une triple colonnette ; celle du milieu est plus grosse et donne lieu à un ressaut dans la corniche, les deux plus petites s’amortissent au dessous dans la saillie des corbelets.

Un cordon court à la hauteur de l’appui des fenêtres, un autre à la naissance des archivoltes. Chacune des deux colonnes encadrant le chœur est surmontée par un chapiteau avec un décor floral, historié afin d’apprendre par l’image, des scènes de la Bible aux paroissiens illettrés.

 

abside classée

 

 

 

 

 

  

INTERIEUR

Dans le chœur on trouve toujours deux magnifiques chapiteaux sculptés qui semblent fort anciens, celui de gauche représente des animaux et celui de droite des personnages. Les autres chapiteaux présentent des motifs de fruits, de feuillages ou de simples formes en entrelacs.

Toujours à l’entrée du chœur et au dessus des colonnes, deux chapiteaux romans sont conservés :

Tobie et son poisson et un cheval.

Plusieurs livres de la Bible sont consacrés aux exploits de quelques personnages illustres, dont le premier est Tobie ou Tobit. Alors que les Hébreux vaincus à la guerre, avaient été déportés en Assyrie, un des leurs, Tobie, devenu aveugle, envoya son fils de même nom en voyage d’affaires au pays des Mèdes. En cours de route, l’archange Raphaël qui s’était joint au voyageur, lui conseilla de pécher un poisson et d’en prélever des abats ; à leur retour auprès du vieux Tobie, ce dernier recouvra la vue par l’application sur ses yeux du fiel du poisson. Les chrétiens ont vu dans ce récit une préfiguration de l’action du Christ (lui-même symbolisé par le poisson), rendant la lumière au monde.

 

 

chapiteau

 

 

 

 

 

 

Le chemin de croix est intéressant, il s'agit de peinture sur métal, signée D. Maillurs.

Les vitraux sont sans motifs figuratifs hormis ceux du chœur qui sont signés Dagrand, 1881. On remarque particulièrement à gauche sainte Anne d'Auray et à droite, lui faisant face, saint Yves.

L’édifice contient de nombreux trésors dont un confessionnal de style roman, un autre gothique flamboyant, des fonts baptismaux du XVIème siècle, un bénitier du XVIIIème siècle et une huile sur toile de N.Lepicié (1735.1784) peintre formé dans l’atelier de Van Loo, professeur à l’Académie Royale de France et premier peintre du Roi en 1762. Cette toile est classée .

 

Sainte Famille

 

 

 

 

 

  

 

En 1998, l’association de Restauration et Sauvegarde de l’église Saint-Martin de Castres, a découvert cinq tableaux du XVIIème siècle dans les caves de l’ancien presbytère . M.Tauzin et M.Rabaud ont décelé cinq grands tableaux au milieu d’objets hétéroclites. Selon certaines personnes, elles étaient autrefois accrochées tout en haut de la grande nef. Les toiles étaient à l’origine au nombre de six, il en manque aujourd’hui une pour compléter la collection. Leur auteur serait un peintre protégé par la famille des ducs d’Epernon, Christophe Crafft à qui l’on doit la décoration des monumentales cheminées du château de Cadillac ainsi que le Christ en croix que l’on peut admirer sur le retable de l’église Saint-Blaise. Les membres de l’association sont en mesure d’affirmer, dans un premier temps, qu’elles faisaient partie d’un important lot de dix-neuf toiles commandées au peintre Crafft par le duc d’Epernon en date du 13 août 1636 et qui étaient destinées à la décoration de la chapelle du château d’Epernon et à l’ornement de l’ancienne église de Cadillac, détruite aujourd'hui et où se trouve l’actuel cimetière.

Ces œuvres représentent :

« la circoncision », « Jésus prêchant au Temple », « le baptême du Christ »,

« l’entrée à Jérusalem » et « la Cène » ; en ce qui concerne ce dernier, il est exceptionnel puisque double, de part les sujets qu’il met en valeur : la Cène et le lavement des pieds.

Ces toiles sont aujourd'hui visibles à la mairie sur demande.

 

Craft

 

 

 

 

 

 

 

 

 BIBLIOGRAPHIE

TAUZIN Guy : Association pour la sauvegarde de l’église de Castres

BAUREIN, Variété bordelaise ou essai historique et critique sur la topographie ancienne et moderne du diocèse de Bordeaux, Bordeaux, Féret et fils, 1876,t.III p.57.

BRUN, Les églises de la Gironde, Bordeaux, Delmas, 1957,p.60.61.

BRUTAILS, J.A, Les vieilles églises de Gironde, Société archéologique de bordeaux, 1912, p.197 et 266.

 

 

 

 

Corrections apportées en septembre 2011 par Jean Pol PUISNE

 

erreurs relevées dans le texte ci dessus :

Au XIXe siècle, lorsqu'il fallut reconstruire l'église, on ne conserva de l'ancienne construction que cette abside et son absidiole nord et on transforma l'édifice en une église néo-gothique dotée d'un clocher. Cette reconstruction date de 1867.
Ce n'est pas l'absidiole nord qui a été conservée, mais la sud, comme le dit d'ailleurs Léon Drouyn. La nord a été construite sur l'emplacement du presbytère.

plan_2_frextrait du guide sur l'église par Jean Pol Puisné :

 

...pieds sur 12. Soit 12,5 mètres de long sur 10 de large tout compris. Elle est sensiblement deux fois plus longue maintenant. Selon les dimensions indiquées, elle devait ressembler au plan suivant. Cependant les plans où l’on voit l’ancien cimetière, page 22, présentent une autre forme et une longueur correspondant aux dimensions actuelles.


Léo Drouyn qui a vu l’église dans la seconde partie du XIXème siècle écrit : « Une nef jadis romane et un bas-côté sud du XVème siècle ».

Nota : A la même époque, l’église de La Brède ne comportait, elle aussi, que deux nefs. Le bas-côté Sud a été ajouté au XVIIIème siècle pour agrandir l’église.

 

La demeure du curé était alors adossée au mur Nord de la nef. Elle était humide et froide.

 

 

 

 

 remarques juin 2013 par Jean Pol PUISNE

En ce qui concerne cette église de Castres, la partie surélevée en petites pierres n’était pas pour la défense, mais faite au moment de la reconstruction au 19éme siècle pour installer la charpente. D’autre part je n’ai jamais entendu dire que le retable de la Vierge soit classé, cela avait seulement été demandé par le curé en 1977.
Enfin, il serait préférable de ne pas parler de la cloche classée du 17ème. Il y a bien une fiche de classement, mais pas de cloche.
Je pense qu’il y a eu une erreur de date : 17ème siècle pour 1774.
Restent l’abside et Lépicié.

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