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L'histoire de la décolonisation des pays du Maghreb ne s'écrit pas sans le rappel d'un long cortège de crimes dans lesquels les membres des services secrets français et leurs adjoints plus ou moins éphémères ont naturellement pris leur part. Mais ces affaires, souvent résumées de manière très expurgée par la presse, sont souvent plus complexes qu'il n'y parait. Ainsi, la haine personnelle que le général de Gaulle portait au colonel Argoud incite à penser que le chef de l'état a lui-même donné l'ordre de son enlèvement à Munich et de sa livraison, saucissonné, à la préfecture de police de Paris. De même, malgré les flots d'encre que le meurtre de Ben Barka a fait couler, il a fallu attendre une date récente pour connaître la part prise par le MOSSAD à cette entreprise, la manière dont le leader marocain a été noyé dans une salle de bain, puis enterré grâce à un matériel acheté par les agents israéliens à la Samaritaine.
Le SAC, et en particulier Jo Attia et son équipe, n'ont pas été innocents dans ces deux opérations qui ont été bénies en haut lieu, par le commissaire Caille, le préfet de police Papon et peut-être même Jacques Foccart dont on ne saura jamais s'il était ou non "au parfum".
Dans la conférence qu'elle donnera au château de Mongenan à Portets, le dimanche 25 octobre à 17 h, Florence Mothe donnera des détails sur ces deux opérations dont la seconde n'était que le "copy cat" de la première.
Renseignements: château de Mongenan, 33640 Portets, 05 56 67 18 11, entrée 10 €, conférence suivie de la dégustation gourmande des vins du domaine.
L'histoire immédiate s'écrit à chaud, sur l’évènement, sans la distance de réflexion nécessaire que cette discipline impose. L'histoire moderne peut encre recueillir le témoignage de quelques rares survivants et entr'ouvrir les archives si elles ont été déposées sans caviardage ni censure.l'Histoire avec un grand H, est souvent inféodée aux documents conservés et obnubilée par le souci de ne pas démentir les grands anciens, les maîtres, la hiérarchie universitaire soucieuse d'écrire une Histoire convenable, même à deux siècles de distance.
Ayant passé plus de vingt ans à réfléchir sur l'affaire Boulin, Florence Mothe a été amenée à entreprendre une étude beaucoup plus vaste sur la sensibilité des différentes formes de gaullisme, leur évolution de la Libération à 1981, les hommes qui les ont animées et les sources de financement auxquelles ils ont forcément eu recours pour exprimer et promouvoir leur opinion. C'est ainsi qu'elle s'est intéressée au SAC, si vilipendé après la tuerie d'Auriol sur laquelle on n'a jamais vraiment fait la lumière, laissant à cette "part d'ombre du gaullisme" le rôle bien commode de groupe de voyous constamment et régulièrement épurés. Et si le SAC avait eu une toute autre fonction ? S'il avait été plus important qu'on ne le pense, tant en France, qu'à l'étranger ? Si pour une raison qu'on ignore encore , mais qui est sûrement d'état, les socialistes, dans leur commission d'enquête parlementaire, s'étaient contenté d’effleurer le sujet, se bornant à collationner poliment des mensonges énormes du type "Nous sommes tous des militants bénévoles uniquement unis par le compagnonnage"?
Treize conférences, données chaque dimanche à 17 heures au château de Mongenan à Portets, du 27 septembre au 20 décembre sous le titre "Le SAC, sa vie, son œuvre ", ne seront pas trop nombreuses pour tenter de percer les mystères d'une période fascinante sur laquelle, cela n'étonnera personne, on nous a beaucoup menti.
Étant donné le caractère particulièrement délicat du propos, le sujet précis de chaque conférence ne sera dévoilé qu'une semaine après l'autre. La première conférence, dimanche prochain 27 septembre racontera la naissance du Service d'Ordre gaulliste. Elle est intitulée "Des compagnons aux Prétoriens".
Renseignements: château de Mongenan, 33640 Portets, 05 56 67 18 11, conférence suivie de la dégustation gourmande des vins du domaine.