
Entre tous les Narcisses littéraires dont Florence Mothe brosse chaque dimanche le portrait, Saint-Simon fait à coup sûr figure de violette. Non que Monsieur le Duc ne tienne pas son rang. Il en fait même grand cas, mais parce que son moi s’efface devant la peinture d’autrui, parce que son art presque photographique de raconter les petits maux et les petits travers du Grand Siècle, l’amène à ne point se soucier de lui-même et à se traiter seulement comme une sorte de porte-plume qui aurait le devoir d’établir le rapport le plus véridique et le plus pittoresque possible de la vie à la Cour.
Aussi Saint-Simon nous enchante-t-il des coliques de la Duchesse d’Harcourt, des batailles de boules de neige durant les hivers rudes, de la majesté rapidement acquise de Mme de Maintenon, et de tout espèces de babioles qui font le charme des petits bonheurs du quotidien . Rien n’est laissé au hasard : petit et grand lever, chaise d’affaires, bouillons et tisanes, rituel des mouchoirs, Conseil d’en haut, salut à la chapelle, cassolettes de patchouli, de millefleurs, pains de Marseille et autres riens de tous les jours. Ainsi voit-on se dessiner sous la verve du mémorialiste la peinture d’une société qui n’existe plus nulle part et dont l’exotisme nous semble aussi étrange que les castes de l’Inde ou les mœurs des indiens Bororos.
C’est à ce passionnant voyage que ses auditeurs n’entreprendront pas souvent que nous convie Florence Mothe le 25 janvier à 17 h. Qui se souvient, au demeurant, que Saint Simon, comme son père, fut Gouverneur de Blaye et fit souche dans le Médoc ? Ce sont les codes et les préséances de la vie versaillaise qui rendent son regard inimitable car il est un vrai journaliste. Echotier, soiriste, courriériste, critique, éditorialiste, il croque à belles dents la politique de son temps. Il rêve d’être ministre, enrage de ne pas l’être, voue à la géhenne ceux qui le sont, ronge son frein avec sa plume et raconte dans une chronique ébouriffante le début du XVIII° siècle avec un tel sentiment de culpabilité que son œuvre ne sera connue qu’à l’époque romantique, à l’heure où l’un de se neveux faisait l’apologie de la condition ouvrière et de l’extinction du paupérisme. Du mémorialiste au moraliste, il n’y a qu’un pas, l’épaisseur d’un journal, publié ou non du vivant de l’auteur.
Château de Mongenan : Narcisse ou les émois du moi,
Château de Mongenan 33640 Portets Monument Historique privé ouvert à la visite. Jardins Remarquables, Potager de France, Roseraie de France SNHF Best of Wine Tourism Tel : 05 56 67 18 11 Fax: 05 56 67 25 82
Visites commentées du 7 janvier au 31 décembre, samedis, dimanches et fêtes
Sur rendez-vous la semaine hors saison, de 14 h à 18 h, tous les jours. De 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h de juillet à septembre.
Visite du Jardin pour l’ornement, du Jardin d’utilité et du Jardin pour l’agrément Temple maçonnique
Dégustation des vins du domaine, visite du vignoble et des chais Château Lagueloup, 2 et 4 rue de la Liberté, Portets, Musée du vin et de la vigne, Best of Wine tourism 2003
Entrée du Château de Mongenan :10 €, 8 € pour les groupes de plus de 10 personnes sur réservation
Dimanche 25 janvier à 17 h : Les Mémoires de Louis de Rouvroy de Saint-Simon Je ne me pique pas de bien écrire.
Visite du Jardin pour l’ornement, du Jardin d’utilité et du Jardin pour l’agrément Temple maçonnique
Dégustation des vins du domaine, visite du vignoble et des chais Château Lagueloup, 2 et 4 rue de la Liberté, Portets, Musée du vin et de la vigne, Best of Wine tourism 2003
Entrée du Château de Mongenan :10 €, 8 € pour les groupes de plus de 10 personnes sur réservation