
Photo de Micheline Pelletier
Dimanche 15 février à 17 h : Le Journal d’Edmond et Jules de Goncourt. Ce journal est notre confession de chaque soir, de nos deux vies, inséparées dans le plaisir, le labeur et la peine.
Que reste-t-il des frères Goncourt ? Bouvard et Pécuchet, Germinie Lacerteux ? Des dîners chez Magny, des déjeuners chez Drouant où Bernard Pivot, Didier Decoin, Edmonde Charles-Roux, Régis Debray, et Françoise Chandernagor ont leur rond de serviette ? Des récits, une contribution –modeste- à la fortune d’un auteur assuré de son entrée dans le Panthéon littéraire ?
Le grand public serait bien embarrassé de citer simplement les prénoms d’Edmond et de Jules, deux « vieux fils », curieux de tout, collectionneurs en Diable, nés sous la marque des révolutions, la Grande, puis celle de 1830 et celle de 1848, qui ont abandonné l’administration et ses manches de lustrine pour s’autoproclamer antiquaires, historiens, journalistes, bibeloteurs…
Et pourtant, les Goncourt ont bien mérité leur gloire posthume et leur Académie. D’abord parce qu’ils ont un style inimitable, touchant, drôle, vrai comme une visite quotidienne au Musée Carnavalet. Ensuite parce qu’ils sont les plus mauvaises langues du Tout-Paris et que rien n’est plus divertissant à lire que les vacheries. Enfin parce que leur Journal devrait s’intituler « Nulle part ailleurs ». C’est un délice permanent, foisonnant, bourré d’anecdotes qui, sans eux, nous seraient restées inconnues , avec cette « écriture artiste », goûteuse comme le bruit d’un taffetas froissé.
Ce sont ces deux personnages que Florence Mothe fera revivre, et avec eux le XVIII° dont ils étaient friands et le XIX° siècle tel qu’ils l’ont décrit, au château de Mongenan à Portets, le dimanche 15 février à 17 h. Drôle de couple fraternel, tentant une écriture à quatre mains jamais aussi réussie, se corrigeant l’un l’autre, s’expurgeant parfois et constituant le modèle le plus allègre qu’ait jamais connu la littérature.
A Mongenan, les Goncourt qui déliraient devant les pendants d’oreille en forme de couperet de la guillotine, les alliances civiques et tous les brimborions de la Révolution, auraient été en extase. La collection qu’ils ont constituée a été dispersée après leur mort car ils prétendaient avoir tant aimé les objets qu’ils ne pouvaient décemment priver un confrère collectionneur d’un pareil bonheur. Leur fameux « Journal » en reste la plus belle pièce. Amants passionnés des femmes du passé, ces Messieurs sans vie sexuelle autre que littéraire nous ont légué un siècle et un Prix. Cela vaut bien un éternel déjeuner chez Drouant.
Château de Mongenan 33640 Portets Monument Historique privé ouvert à la visite. Jardins Remarquables, Potager de France, Roseraie de France SNHF Best of Wine Tourism Tel : 05 56 67 18 11 Fax: 05 56 67 25 82
Visites commentées du 7 janvier au 31 décembre, samedis, dimanches et fêtes
Sur rendez-vous la semaine hors saison, de 14 h à 18 h, tous les jours. De 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h de juillet à septembre.
Visite du Jardin pour l’ornement, du Jardin d’utilité et du Jardin pour l’agrément Temple maçonnique
Dégustation des vins du domaine, visite du vignoble et des chais Château Lagueloup, 2 et 4 rue de la Liberté, Portets, Musée du vin et de la vigne, Best of Wine tourism 2003
Entrée du Château de Mongenan :10 €, 8 € pour les groupes de plus de 10 personnes sur réservation