
Le parcours des couleurs dans le jardin d’utilité de Mongenan le 22 mars 2016
Qu'ils s'appelle Mary Cassat ou Breughel de Velours, Jac Belaubre ou Monet, Redouté ou Le Sidaner, tous les peintres ont eu envie de représenter des fleurs et des jardins. Quel sentiment les a poussés à choisir ce
sujet ? A travailler d'après nature ? A accepter les tourments du soleil ou à inventer des vanités qui rassemblaient des fleurs de toutes saisons et de toute imagination ?
Et si le jardin lui-même était né, un beau jour, de sa représentation? Si l'idée du jardin avait préexisté au premier des jardins , ce qui expliquerait que les Egyptiens aient déjà eu le goût des jardins en peinture ?
Ayant presque achevé son cycle "Côté cœur et côté jardins", Florence Mothe s'interrogera dimanche 3 juillet à 17 h sur les bizarres relations qui unissent les plantes et leurs peintres. Dans l'œuvre de tout artiste, ses biographes déterminent avec soin les raisons d'être de telle nature morte, de tel autoportrait, de telle composition. Très souvent, chez les plus grands, le jardin revient en boucle, qu'il s'agisse d'y placer un personnage, d'en faire le fond d'un tableau, d'en donner une peinture où la ressemblance n'éclate pas au premier abord. Le jardin est un lieu de rencontre entre la peinture occidentale et la peinture orientale, une sorte de passerelle entre toutes les sensibilités comme si les fleurs avaient une personnalité que le peintre doive déchiffrer pour oser la poser sur la toile.
C'est cette relation nouvelle entre l'homme et la plante, entre l'œil et la couleur, entre le sujet simple en apparence et son interprète que Florence Mothe expliquera dans cette nouvelle conférence qui peut être précédée, bien entendu, de la visite des jardins de Mongenan, d'un dialogue avec les fleurs et les arbres et qui sera suivie de la dégustation des vins de ces vignes qui bordent la roseraie.
Renseignements 05 56 67 18 11 Entrée 10 €, gratuite jusqu'à 12 ans
mary-cassat-lydia-assise-dans-le-jardin-1880, coll. Château de Mongenan
Le château de Mongenan est membre comme les châteaux de Villandry, de Miromesnil, du Lude, de la Boudaisière, de Chaumont, de Saint Jean de Beauregard et de Port-Royal, de l'Association des Jardins Potagers de France, présidée par Antoine Jacobsohn, responsable du Potager du Roi et de l'Ecole Nationale de Paysage de Versailles.
C'est dans ce cadre qu'il a été invité lors de l'assemblée générale du 16 mars qui s'est tenue au Potager du Roi, à présenter son contenu esthétique et botanique dans la perspective de la défense du patrimoine végétal des jardins nourriciers, du savoir-faire des jardiniers dans la transmission de ce patrimoine et de la plate-forme d'innovation que peuvent représenter les jardins classés Monuments Historiques.
Cet accent mis sur les jardins de Mongenan prélude à la série de conférences qui sera donnée chaque dimanche à 17 h à partir du 3 avril et jusqu'au 14 juillet par Florence Mothe au château de Mongenan à Portets et qui vise à expliquer comment et pourquoi le jardin, chose la plus simple du monde selon le Candide de Voltaire ne l'est pas tant que cela.
Miroir de l'âme du jardinier, tableau de ses rêves les plus secrets, de ses espoirs inavoués, le jardin raconte l'histoire d'un lieu, d'une époque, des saisons. Résumé du monde et souvenir du ciel, il a une fonction rituelle et métaphysique. Son style, les végétaux qui le composent ont eux-mêmes une très longue histoire qui remonte aux religions oubliées des temps antiques. Déesses, magiciens, représentations picturales, thérapeutiques interfèrent pour donner à chaque jardin un visage qui n'est qu'à lui.
Les plus grands philosophes, les plus grands peintres, les plus grands hommes d'état ont été jardiniers. Rousseau, Monnet, Louis XIV sont d'excellents exemples de cette inspiration jardinière qui donne à l'humain une sensibilité particulière qui le fait ressembler à son jardin.
L'histoire des jardins s'écrit tous les jours. Elle n'a pas fini d'être racontée. Elle sera au centre des dix-sept conférences présentées à Mongenan qui se veulent une sorte d'encyclopédie des rapports jardin/humain à travers les âges.
Château de Mongenan – Portets
Animations de fin de printemps 2016 :Côté cœur et côté jardin
Pour saluer l’exceptionnelle rénovation du jardin d’utilité du château de Mongenan qui est un des rares jardins historiques d’Aquitaine à avoir exactement conservé son aspect du XVIII° siècle et une grande partie des espèces y figurant à l’époque, le château de Mongenan – dont il est rappelé qu’il ne bénéficie d’aucune subvention – programme une série de dix sept rencontres philosophiques autour de la symbolique des jardins. Florence Mothe y donnera la primeur de l’ouvrage qu’elle est en train d’écrire sur les rapports jardin/humain à travers les âges.
Dimanche 3 avril à 17 h : Conjonction/variation. Les jardins conjuguent l’espace, le temps, les époques, les saisons.
Dimanche 10 avril à 17 h : Le jardin, résumé du monde ou souvenir du ciel. Du microcosme au macrocosm.
Dimanche 17 avril à 17 h : Savoir et pouvoir. Du jardin des monastères au jardin à la française.
Dimanche 24 avril à 17 h : Le jardin des mots. Pourquoi les jardins ont-ils toujours inspiré les poètes ?
Dimanche 1° mai à 17 h : Les fleurs de la politique, muguet et autres liliacées
Jeudi 5 mai à 17 h : Les fleurs du mythe, Jardins de l’Eden, jardin des Hespérides, jardins suspendus de Babylone.
Jeudi 8 mai à 17 h : Les fleurs du ciel, Athéna, Dionysos, Narcisse, Perséphone et les autre.
Dimanche 15 mai à 17 h : Du jardin des délices au jardin des supplices. Le jardin, théâtre de l’humanité.
Dimanche 22 mai à 17 h : Jardins magiques. Petit cours de magie pratique de l’encens aux parfums.
Dimanche 29 mai à 17 h : Les jardins du temps. De la graine à la cueillette.
Ven., sam., dim.3, 4 et 5 juin de 10 h à 12 h et de 14 h à 19 h : Rendez-vous aux jardins.
Distribution gratuite de graines, de plantes et de boutures de rosiers anciens.
Dimanche 5 juin à 17 h : Les jardins de l’espace. Du champ à Hubert-Robert.
Dimanche 12 juin à 17 h : L’homme jardinier. Nabuchodonosor, Louis XIV, Rousseau.
Dimanche 19 juin à 17 h : Le jardin du monde. Hildegarde de Bingen, Tournefort, Linné, Fabre.
Dimanche 26 juin à 17 h : Le jardin médecin, Petit précis de pharmacopée rustique.
Dimanche 3 juillet à 17 h : De jardins en cimaises. Les jardins représentés, les jardins et les peintres.
Dimanche 10 juillet à 17 h : Jardins d’amour, jardins secrets, Les jardins comme métaphore du moi.
Jeudi 14 juillet : Reconstitution du jardin patriotique d’Alexandre Deleyre.
Château de Mongenan 33640 Portets
Monument Historique privé ouvert à la visite. Temple maçonnique, Jardins Remarquables,
Potager de France, Roseraie de France SNHF, Best of Wine Tourism 2008,
Route des vins en Graves et Sauternes
Tel : 05 56 67 18 11 Fax: 05 56 67 25 82
Le jardin botanique du Château de Mongenan a été créé en 1741 au moment de l’introduction en France de la théorie Linnéenne. C’est selon les préceptes de Jean-Jacques Rousseau, maître de musique et de botanique du Baron de Gascq, que cette série de jardins a été conçue, puisqu’il s’agit d’une déclinaison de trois jardins, classés Monument Historique , Jardin pour l’ornement, jardin d’utilité, et jardin pour l’agrément se décomposant en jardin de la Lune et le jardin du Soleil.
Ces jardins donnent sur la roseraie des vignes répertoriée parmi les Roseraies remarquables de France par la SNHF.
Pour Rousseau et Linné, toutes les plantes se valent et doivent se côtoyer pour se polliniser et se féconder, qu’elles soient ornementales, potagères, médicinales, ou sauvages. Cette conception va faire litière des ordonnancements savants des jardins à la française où le dessin prime tout autre propos.
Le jardin d’utilité de Mongenan qui a reçu en 2011 le label « Potager de France » a conservé exactement son aspect du XVIII° siècle. Il surprend, chaque été, par le lourd parfum qui monte de ses tubéreuses, de ses lis et de ses jasmins. D’anciennes variétés locales d’arbres fruitiers et des allées bordées de rosiers anciens contribuent à transporter le visiteur dans un monde aboli au caractère d’étrangeté presque unique. Il propose plus de mille variétés de plantes potagères, médicinales et tinctoriales qui ont fait l’objet en 2010 d’une spectaculaire restauration.
Un exceptionnel cabinet de curiosité présente les herbiers du Baron de Gascq dont le fameux « Herbier de Rousseau » qui compte cent trente huit planches.
Remarquable par ses collections de bulbes, d’asters, de roses, d’iris, de plantes aromatiques, tinctoriales et médicinales, le jardin botanique du Château de Mongenan est un véritable conservatoire des fleurs et des plantes du passé. C’est la raison pour laquelle une part importante des animations hebdomadaires est consacrée à la botanique
Le Château de Mongenan distribue également à ses visiteurs deux fois par an, en juin et en septembre, graines introuvables et boutures de rosiers anciens. Ces distributions devenues légendaires sont effectuées à titre gratuit comme les cours dédiés à la symbolique des jardins ésotériques ou à l’histoire générale des jardins du monde.